" Au début, j'imaginais qu'on éteignait les lumières de la salle de cinéma pour mieux voir les images sur l'écran. J'ai regardé plus attentivement les spectateurs assis confortablement dans leur siège et j'ai constaté qu'il y avait une raison beaucoup plus importante : cette obscurité permettait à chaque spectateur de mieux se séparer des autres et d’être seul, d'être à la fois parmi les autres et d’être séparé d'eux. "

Abbas Kiarostami


LES PROMESSES D'UN RÉCIT (installation vidéo. Projet en cours).
un livre ouvert sur une table et un projecteur vidéo installé au dessus de sorte qu’une image soit projetée sur les pages. Les pages du livre sont partiellement imprimées afin de recevoir l’image projetée. Quand le lecteur tourne les pages, une nouvelle vidéo est diffusée. Chaque double-page correspond à une vidéo. Pour mener à bien le projet, le contenu est et sera collecté/créé dans différents pays et divers contextes conomiques et culturels afin d’alimenter, échanger, présenter et confronter ces sources textuelles et vidéo.
Ce dispositif est à la croisée du livre et de la vidéo : c’est un livre numérique sous sa forme brut. Ici la vidéo prend corps dans l’espace de la page, le récit imprimé sert de voix-off à l’image projetée et vice-versa.
Dans la conception parallèle du livre et de la vidéo, il est possible d’imaginer des superpositions d’informations et de matières, des chevauchements texte-texte, texte-image, image-image et de pouvoir
penser également à l’aspect sonore : voix-off, ambiances ou lecture silencieuse.


" Avec Ed Ruscha et son Twentysix Gazoline Stations publié en 1963, nous entrons dans une opposition nette avec l’ouvrage de bibliophilie imaginé par les marchands de la fin du XIXe siècle où une gravure était en vis à vis d’un texte de poète. Le livre d’artiste tel qu’il apparaît soudainement en Europe et aux États Unis est une oeuvre à part entière. L’artiste met en page, compose le texte, décide du papier et réalise ou fait réaliser l’ensemble selon ses moyens. Nous ne sommes plus dans le bel ouvrage, luxueux, parfaitement relié. Le livre d’artiste peut désormais se rattacher au livre ordinaire dans son économie. Il est tiré à plusieurs centaines d’exemplaires et tend ainsi à s’inscrire dans le contexte politique du moment qui veut que l’art investisse les domaines de la vie. Son prix est souvent modique et il n’est pas signé. L’artiste cherche une large diffusion. Il affirme sa liberté envers le marché traditionnel. "

Anne Moeglin-Delcroix, Esthétique du livre d’artiste, 2012


A NARRATIVE'S PROMISES (Video installation. Work in progress)
a book open on a table and a video projector installed above so that an image is projected on the pages. The spreads in the book are partially printed in order to receive the projected image. When the reader turns the pages, a new video is played. Each spread corresponds to a video.
To carry out the project, the content will be collected and created in different countries and various contexts in order to feed,exchange, present and confront textual and video sources created in various settings.


This device is at the crossroads of the book and the video: it is a digital book in its raw form.
Here the video takes shape on the page area, the printed narrative serves as a voiceover/subtitle to the projected image and vice versa. In the parallel designing of the book and the video, it is possible to imagine overlay of informations and materials : text-text, text-image, image-image overlaps and also to be able to think of the sound aspect: voice-overs, atmospheres or silent reading.